Historique

Edgar Faure

(Béziers août 1908 – Paris mars 1988)

En 1989, malgré la proposition de Madame Mireille MALLET-MENARD, proviseure, de baptiser l'établissement du nom de BEAUMARCHAIS, merveilleux écrivain pré-révolutionnaire, mais aussi horloger ( on le sait moins ), le Conseil Municipal de Morteau choisit le nom d'Edgar FAURE qui le méritait bien, lui aussi, et qui venait de mourir.

Expert en l'art de concilier les inconciliables, Edgar FAURE fut un homme d'Etat à l'intelligence éblouissante. Sa brillante carrière politique sous les IVème et Vème Républiques en témoigne. D'abord avocat, procureur au procès de Nuremberg, il est élu Député du Jura à 38 ans, puis du Doubs. Il fut treize fois membre du Gouvernement, de 1952 à 1973, avec des maroquins aussi prestigieux que variés : Président du Conseil, Finances, Agriculture, Education nationale après les événements de 1968, Affaires sociales...

Il conduira avec succès les négociations d'indépendance de la Tunisie et surtout du Maroc. Il fut Président de la Région Franche-Comté de 1973 à 1988, Président de l'Assemblée Nationale de 1973 à 1978, puis également Sénateur de 1980 à 1988.

En guise de félicitations à François MITTERRAND, élu Président de la République en 1981 il dit « C'est moi qui aurais dû être à ta place ». On ignore qu'il fut chargé par François MITTERRAND et Jacques CHIRAC d'organiser le bicentenaire de la Révolution française, mission qu'il ne pourra conduire à son terme.


Le Lycée de Morteau
de l'école d'horlogerie
au lycée polyvalent

L'horlogerie au lycée

L'histoire du lycée de Morteau est originale en ce que la formation professionnelle, liée à l'activité horlogère, caractéristique de la région de part et d'autre de la frontière franco-suisse, a précédé les enseignements classiques.

En effet, dès 1836, sous la Monarchie de juillet qui connut de graves crises sociales, une école pratique d'horlogerie est créée sous le contrôle du service des douanes, avec la mission de former de jeunes chômeurs pour lutter contre la concurrence suisse. Cette école, faute de moyens, fermera, quatorze ans plus tard.

Il faudra attendre 1947 pour qu'une nouvelle école soit ouverte dans l'actuel bâtiment de la MJC, en face de l'Eglise Notre Dame de l'Assomption, sous la tutelle de l'Ecole Nationale d'horlogerie de Besançon (qui deviendra le Lycée Jules Haag en 1974).

Monsieur Henri BOILLON, conseiller municipal, syndicaliste CFTC, excellent ouvrier horloger y enseignera de 1947 à 1972. Monsieur Georges DEVILLERS, jeune professeur de Lettres et Histoire en assurera la direction. Après la guerre, les besoins en main d'oeuvre d'une industrie qui connaîtra son apogée dans les décennies 1950 et 1960 sont très importants, l'établissement de la place de l'Eglise devient trop petit et peu fonctionnel.

A l'initiative du Docteur Paul NAPPEZ, maire de Morteau de 1953 à 1965, un collège d'enseignement technique flambant neuf, ouvre ses portes, rue de la Louhière, en septembre 1963. Aux formations horlogères, viennent s'adjoindre des formations en mécanique de précision, secrétariat et comptabilité.

En 1965, l'établissement s'affranchit de la tutelle de l'Ecole d'horlogerie de Besançon qui abandonnera d'ailleurs rapidement les formations horlogères à cause de la crise générée par l'arrivée des mouvements à quartz. Morteau reste le seul établissement comtois à dispenser l'enseignement des techniques horlogères.

En 1983, Monsieur Christian GENEVARD, maire de Morteau de 1965 à 1983 , fondateur du District du Canton de Morteau en 1973, obtient la création du Lycée polyvalent intégrant le Lycée professionnel. Il profite de son influence auprès de deux éminents politiques franc-comtois en responsabilité à cette époque :

  • Monsieur Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, Ministre de l'Industrie et de la Recherche, puis Ministre de l'Education nationale

  • Monsieur Edgar FAURE, alors Président du Conseil Régional de Franche-Comté et Sénateur

Tous les décrets d'application des Lois de décentralisation de 1982 (Lois DEFERRE) qui attribuent la compétence « Lycée » aux Régions n'étant pas publiés, l'établissement sera construit sous maîtrise d'ouvrage du District du Canton de Morteau.


Les premières classes de seconde seront accueillies à la rentrée de septembre 1987 au collège de Morteau dirigé par Monsieur Michel LOMBARDOT qui deviendra plus tard Proviseur du Lycée Edgar FAURE.

A la rentrée de 1988, les enseignements sont dispensés dans le nouvel externat, rue du Docteur Léon Sauze. Les locaux du Lycée professionnel sont transformés en internat et demi-pension. Les deux sites sont reliés par un passage couvert sous l'avenue Charles de Gaulle. C'est le 18 février 1989 qu'est inauguré le nouvel établissement, quelques mois après le décès de celui qui lui donnera son nom, en présence de Monsieur Pierre CHANTELAT, successeur d'Edgar FAURE à la présidence de la Région.

L'établissement conçu à l'origine pour accueillir 850 élèves en reçoit aujourd'hui 1200.